Quand on introduit la gestion Agile dans des industries autres que l'informatique, et c'est notre spécialité, certains sont dubitatifs quant à la possibilité d'Agiliser des projets physiques.

L'Agilité pour votre industrie ?
L'objection la plus fréquente : « L'Agilité marche en informatique parce que les modifications ne coûtent rien. » Sous-entendu : chez nous, chaque changement coûte cher, donc c'est inapplicable.
Airbus nous a dit un jour : « On ne veut pas d'un demi-avion. » C'était leur manière de rejeter l'approche itérative incrémentale. Après un projet pilote qui les a convaincus, Airbus est devenu client partenaire et a remporté un prix de l'Usine Nouvelle pour son approche Agile innovante.

L'itératif incrémental fonctionne !
SolidCreativity a adapté les principes de base de l'Agilité à la conception physique. Quand nous formons des équipes, la réaction suit toujours le même schéma : d'abord le doute, puis l'agréable surprise pendant la mise en pratique, et ensuite le doute revient : « OK, mais il doit bien y avoir un endroit où ça ne marche pas. »
Et le doigt se pointe alors vers le sous-traitant rigide.

C'est à cause des sous-traitants ? Encore ?
Les sous-traitants ne sont pas encore Agiles, c'est vrai. Mais c'est justement à vous d'Agiliser :
- Vos relations avec eux
- Et surtout tout ce que vous faites de votre côté, avant ou pendant leur intervention
Prenons un exemple concret : vous devez doubler la résistance en fatigue d'une pièce. Le test de certification est réalisé par un sous-traitant indépendant et prend 2 mois (des millions de cycles).

L'Agilité, ce n'est pas de tout refaire à la fin
L'approche traditionnelle : analyser, calculer, vérifier, valider, ajouter une marge de sécurité, envoyer en certification. Attendre 2 mois. Si une mauvaise nouvelle arrive avant les 2 mois, c'est que le test a échoué. On recommence tout.
Beaucoup de gens confondent cet essai-erreur à grande échelle avec l'itératif incrémental. Ce n'est pas du tout la même chose.


Le même résultat, autrement
En gestion Agile, on préfère des indicateurs plus rapides et plus fréquents. Quand on dit ça, les stagiaires répondent : « Impossible de réduire les 2 mois de test. »
Bien sûr. Mais la question n'est pas là. Et si on avait un AUTRE test, en complément ?

Booster des tests ?
L'idée : inventer des tests intermédiaires faits différemment, utilisés différemment. Leurs caractéristiques :
- Développés tôt dans le projet, et améliorables au fur et à mesure
- Obtenus en intensifiant les tests (doublement de charge, de contrainte...)
- Rapides et peu coûteux
- Pas précis, mais déterminent une marge d'erreur
Ils ne mesurent pas, ils estiment.
Exemple : la pièce A résiste à 1 million de cycles en certification. On invente un test qui casse A en 1 000 cycles. On teste ensuite la pièce B avec ce nouveau test. On a maintenant un modèle caractérisé pour estimer.

En R&D, comme en cuisine, on goûte avant de servir
C'est exactement comme goûter les ingrédients en cours de cuisine. On goûte constamment pour vérifier qu'on va dans la bonne direction. Si vous pouviez estimer la progression tôt et régulièrement, ne seriez-vous pas en train de faire de la gestion de projet ?
Pour conclure
L'itératif incrémental s'applique à tous les domaines. Ne confondez pas les moyens et l'objectif. Le test de certification reste indispensable, mais il n'est plus le seul outil de pilotage.
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