Les six axes évalués
1) Le projet
Le projet se prêtait-il à une conduite agile, autrement dit n'était-il pas complètement définissable au démarrage ? Les livraisons suivent-elles les prévisions et répondent-elles aux objectifs mesurables fixés ? La date de fin, une fois définie, tient-elle ? Des modifications répétées venant du client ou du management, qui entraînent des retards, signalent un dysfonctionnement.
2) L'équipe
Les deux rôles clés sont-ils réellement tenus : celui qui garantit les pratiques et protège l'équipe du bruit extérieur, et celui qui arbitre le contenu et valide les livraisons face au reste de l'organisation ? Disposent-ils du temps nécessaire ? Chaque équipier a-t-il un temps dédié et connu pour le projet et ses réunions, ainsi que l'accès aux informations ? L'équipe est-elle autonome pendant une itération, avec les moyens de tenir ses engagements sans interférence ?
3) Le rythme
L'ordre de développement découle-t-il des risques et des inconnues, ou de l'habitude ? Le développement produit-il à chaque itération des éléments testables, ou s'agit-il d'un cycle en V déguisé en post-it, avec ses phases d'analyse puis de conception puis de fabrication ? L'équipe participe-t-elle aux estimations et connaît-elle sa capacité de production ? Les réunions de rétrospective débouchent-elles sur des améliorations effectives ? Les points quotidiens courts servent-ils réellement à alimenter le tableau ?
4) Les objectifs
Le projet est-il défini par des objectifs mesurables plutôt que par une liste de tâches ? La distinction est structurante : « repeindre la salle de bain » est une tâche, « une nouvelle couche de peinture recouvre l'ancienne » est un objectif vérifiable. Les objectifs sont-ils évalués en effort, avec des valeurs cohérentes avec la capacité de l'équipe ? Sont-ils attribués au moment où quelqu'un les traite, et pas des semaines à l'avance ?
5) Le management visuel
Le tableau est-il présent, maintenu et visible, avec des colonnes cohérentes et des attributions lisibles ? La courbe du reste à faire est-elle tenue à jour ? Surtout : ces artefacts reflètent-ils le projet ? Un observateur extérieur doit pouvoir comprendre qui fait quoi, ce qu'il reste à faire et quelles sont les priorités, sans explication complémentaire.
6) L'environnement autour de l'équipe
C'est l'axe le plus souvent négligé, et celui qui explique le plus grand nombre d'échecs. La direction connaît-elle les principes de la démarche et évite-t-elle d'exiger en parallèle des livrables incompatibles ? Les services transverses et les équipes travaillant en cycle en V sont-ils informés et coopèrent-ils, sans élitisme ni défiance ? Les procédures de l'entreprise, y compris les démarches de type ISO, intègrent-elles cette façon de travailler et les projets qui s'y prêtent sont-ils identifiés ? Le client est-il partenaire de la démarche, avec un interlocuteur unique et un accès compris aux artefacts ?